Jésus est le sacrifice qui, dans le feu de la souffrance, consume en lui toute l'abandon du pécheur par Dieu, il est donc le sacrifice le plus douloureux tant physiquement que psychologiquement. Quelle est la position de Marie face à ce sacrifice divino-humain ? Marie ne retire pas son oui, mais persiste jusqu'à la fin ; elle laisse cela aller jusqu'à la fin. Oh, combien plutôt la Mère souffrirait-elle tout ce que doit endurer le Fils !
Et lorsque, pendant la messe, durant le canon, l'Église parle sans cesse du sacrifice qui est offert, que non seulement nous nous rappelons le sacrifice du Fils, mais que le sacrifice est offert par l'Église elle-même – où l'Église a-t-elle véritablement réalisé ce que signifie remettre le Fils au Père, sinon quand, en Marie, elle a offert au Père son Fils ? Les pécheurs dans l'Église ne peuvent pas le comprendre pleinement. Elle, la Très Sainte, et ensuite tout au plus une poignée de ceux qui ont été raffinés à l'amour le plus pur, peuvent évaluer quel épée transperce le cœur de l'Église lorsqu'elle offre au Père cet Agneau qui se sacrifie.
(Hans Urs von Balthasar /1905–1988/, extrait du texte Spiritualité sacerdotale)