Ne devrait-on pas défendre cet agneau si aimant ?

Quand le bon Jésus a vu combien nous avions besoin de son aide, il nous a démontré son amour en trouvant un moyen admirable ; il priait en son nom et au nom de ses frères : Donne-nous ce jour notre pain quotidien, Seigneur.
Oh, éternel Seigneur, comment as-tu pu accepter une telle demande ? Pourquoi l'as-tu entendue ? Ne te laisse pas aveugler par l'amour que ton Fils a pour nous, car Lui se laisserait couper en morceaux chaque jour juste pour accomplir ta volonté et travailler pour notre salut. Il est nécessaire que tu penses à cela, mon Seigneur, car ton Fils ne se l'admettrait même pas. Est-il possible que pour chacun de nos biens, ce soit Lui qui doive en pâtir ? Est-ce peut-être parce qu'il supporte tout en silence, qu'il ne parle jamais de lui-même et qu'il n'intercède que pour nous ? Ne devrait-on pas défendre ce si aimant Agneau précisément pour cela ?

(Thérèse d'Avila, Chemin de perfection XXXIII, 1.4)