Chère Marguerite,
je t'écris pour t'annoncer que demain nous partons au front et que nous y resterons probablement jusqu'à Noël. (…) Je pars sans grand enthousiasme, mais aussi sans peur. À mesure que la guerre perd de sa nouveauté et cesse d'être un "divertissement", le fait d'entrer en position de combat semble de plus en plus austère. D'un autre côté, on prend mieux conscience que l'on suit le Seigneur et qu'il est entre ses mains. J'ai décidé de vivre ces heures là-bas aussi perdu que possible dans la volonté de Dieu, heure par heure.
(Pierre Teilhard de Chardin SJ /1881–1955/, lettre du front, à sa cousine, 11 décembre 1916;
cité selon le livre Pierre Teilhard de Chardin, La naissance de la pensée. Lettres 1914–1919, Malvern 2021)