Bien que nous nous sentions plutôt instables.

Ce soir, nous nous retirons du front, il y aura un changement et nous nous dirigerons vers un camp dans les sables. (…) Je ne manquerai pas d'en profiter pour retrouver les trois jeunes jésuites des environs ; ils ne font pas partie de ces amis ou confidents en présence desquels je me sentirais à l'aise ou où je pourrais me confier, mais plutôt (…) ils attendent de l'aîné des conseils et un soutien. Ce n'est pas si agréable ni rafraîchissant, mais c'est plus utile et plus agréable à Dieu. Nous devons permettre aux autres de s'appuyer sur nous, même si nous nous sentons assez instables et que nous sommes nous-mêmes préoccupés par la recherche de soutien !

(Pierre Teilhard de Chardin SJ /1881–1955/, lettre du front, à sa cousine, 12 janvier 1916 ;
cité selon le livre Pierre Teilhard de Chardin, La Genèse de la pensée. Lettres 1914–1919, Malvern 2021)