Ne cessez de montrer votre confiance, même si vous ne la ressentez pas.

Vous me demandez, chères filles, si une âme qui est consciente de sa propre misère peut s'approcher de Dieu avec une grande confiance. Eh bien, je réponds que l'âme qui reconnaît sa pauvreté peut non seulement avoir une grande confiance en Dieu, mais que la véritable confiance sans la connaissance de cette pauvreté n'est même pas possible, car c'est justement cette connaissance et cette déclaration de notre misère qui nous rapprochent de Dieu. (…) Et même si vous ne ressentez pas une telle confiance, ne cessez pas de l'exprimer et de dire à notre Seigneur : « Même si, Seigneur, je ne ressens aucune confiance en toi, je sais pourtant que tu es mon Dieu, que je suis entièrement à toi et que j'espère seulement en ta bonté ; c'est pourquoi je me remets complètement entre tes mains. » Un tel acte est toujours en notre pouvoir. Et même si les mots ne passent pas facilement nos lèvres, c'est justement alors, dans les épreuves, qu'il est possible et approprié de témoigner de la fidélité. Si nous agissons de ces manières sans goût et sans aucune satisfaction, ne nous en faisons pas, car le Seigneur accepte tout cela avec plaisir. Et ne pensez pas que seules les lèvres parlent et non pas le cœur, car si le cœur ne le voulait pas, les lèvres ne diraient pas un mot. Lorsque vous exprimez votre confiance, restez calme et ignorez vos difficultés, mais parlez à notre Seigneur d'autre chose.

(Saint François de Sales /1567–1622/, Conversations spirituelles)