Vous m'avez mise dans un grand embarras en me demandant ma prière. Hélas ! D'habitude, elle est pleine d'inattention et de tourments. Que peut faire un pauvre esprit malade occupé par mille choses différentes ? Et je vous dis en toute confiance et sans détour, qu'il y a environ vingt ans, Dieu m'a privée de toute capacité d'atteindre quoi que ce soit dans la prière personnelle par la réflexion et la méditation. Tout ce que je peux faire, c'est souffrir et simplement demeurer avec mon esprit en Dieu et, par mon entière soumission, m'attacher à son action, sans y prendre part d'aucune manière, sinon par le trouble que suscite en moi l'action divine, lorsque j'attends que sa bonté daigne m'accorder ses bienfaits.
(Jeanne Françoise de Chantal /1572–1641/, correspondance)