L'homme qui aime et souhaite être aimé doit passer son temps près de son ami afin de pouvoir parfois le contempler et attendre d'entendre sa voix. Face à face ou côte à côte ; dans tous les cas, très près. (…) Pourquoi prendre des tâches qui nous éloignent de l'ami – et nous persuader que nous les accomplissons pour lui ? Aucun acte héroïque que nous réalisons, aucun sacrifice que nous faisons pour un être cher – mais éloigné de lui – n'aura autant de valeur que la simple présence à ses côtés. Par de grands actes et des sacrifices, un héros peut certes gagner l'amour des autres, mais seulement si ceux-ci sont nés de la proximité intime qui les a précédés ou qui suivra…
Aucun sacrifice n'est trop grand lorsque l'on parle de pouvoir être ensemble ou – puisque nous parlons de la proximité de Dieu – de pouvoir demeurer paisiblement devant Dieu. La principale exigence que vous impose l'amour de Dieu est en effet la même que celle de l'amitié humaine. Cela justifie également la prière contemplative, telle que la pratiquent les amis de Dieu. Une prière incessante et persévérante. Une prière de longue demeure.
(père Jérôme /1907–1985/, moine de l'abbaye cistercienne de Sept-Fons, Possibilités et mélodies)