La participation absolue, illimitée et désintéressée de Jésus à la souffrance du monde.

La vie devient un fardeau insupportable chaque fois que nous perdons le contact avec la présence du Sauveur aimant et que nous ne voyons que la faim à apaiser, l'injustice à nommer, la violence à surmonter, les guerres à arrêter et la solitude à éliminer. Ce sont toutes des questions critiques que les chrétiens doivent s'efforcer de résoudre. Cependant, une fois que notre intérêt ne découle pas d'un contact personnel avec le Christ vivant, nous ressentons immédiatement un fardeau intolérable. (…)
La participation absolue, illimitée et désintéressée de Jésus à la souffrance du monde nous a ouvert la possibilité de vivre dans ce monde et de faire face à sa douloureuse réalité sans en devenir victime. C'est ce que Jésus avait aussi en tête lorsqu'il pria pour ses disciples : « Je ne te demande pas de les retirer du monde, mais de les préserver du mal. »

(Henri Nouwen /1932–1996/, Le chemin de la paix)