Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix
L'Esprit et la fiancée appellent : « Viens ! » Que celui qui entend, crie aussi : « Viens ! »
Et que celui qui a soif vienne ; que celui qui désire l'eau vive la prenne gratuitement. (Ap 22, 17)
Qui es-tu, Lumière,
qui me remplis
et éclaires
les ténèbres de mon cœur ?
Tu me conduis
comme la main de ma mère
et abandonnée à toi
je ne pourrais pas avancer
d'un pas.
Tu es l'espace,
qui entoure mon être
et le cache en toi.
Libérée de toi,
il plongerait dans le gouffre
de la néant,
d'où tu l'as élevé
vers l'être.
Tu es plus proche de moi
que je ne le suis à moi-même
et plus intérieur
que mon intime profondeur –
et pourtant inaccessibile
et incompréhensible
et tu transcharges chaque nom :
Esprit Saint – Amour éternel.
Es-tu donc la manne,
qui passe
du cœur du Fils
au cœur du mien,
nourriture des anges et des bienheureux ?
Lui, qui s'est levé
de la mort à la vie,
m'a aussi éveillé
à une nouvelle vie
du sommeil de la mort
et jour après jour
me donne
une nouvelle vie.
Un jour sa plénitude
me traversera entièrement,
la vie de ta vie – oui, toi-même :
Esprit Saint – Vie éternelle.
Es-tu donc le rayon,
qui tombe
du trône du Juge et pénètre
dans la nuit de l'âme,
qui ne s'est jamais connue elle-même ?
Miséricordieux – implacable
tu pénètres aux recoins cachés.
Épouvantée à la vue
et à moi-même,
je donne de la place –
à une sainte crainte,
début de cette sagesse,
qui vient des hauteurs
et nous ancre fermement
dans les hauteurs, –
à ton action,
qui nous crée nouveaux :
Esprit Saint – Rayon pénétrant.
Es-tu donc la plénitude de l'esprit
et la force,
par laquelle l'Agneau brise les sceaux
de l'éternel plan de Dieu ?
Poussés par toi,
les messagers du jugement traversent le monde
et avec une épée aiguë
séparent
le royaume de la lumière
du royaume de la nuit.
Alors les cieux seront renouvelés
et la terre sera renouvelée
et tout deviendra ce
qu'il doit véritablement être,
par ton souffle :
Esprit Saint – Force victorieuse.
Es-tu donc
la chanson d'amour
et de sainte crainte,
qui résonne éternellement
auprès du trône de Dieu,
qui unit en elle
le son pur de tous les êtres ?
L'harmonie, qui
unit la tête aux membres,
dans laquelle chacun
trouve heureux
le sens secret de son être
et coule joyeusement
dans ton flot :
Esprit Saint – Joie éternelle.
(Poèmes et prières des souvenirs, publié par W. Herbstrith, Kaffke Verlag, Aschaffenburg 1981.
Traduit de l'allemand par Sœur Petra de la Résurrection, OCD.)