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Dans le livre de Karel Poláček Nous étions cinq, le personnage principal, un garçon d'âge scolaire, raconte un moment avec son style unique : « Et quand je me suis couché le soir, ma mère s'est assise sur le bord de mon lit, il faisait noir et nous avons parlé, j'aime beaucoup ça. Et ma mère a commencé à raconter... »
Moi aussi, enfant unique, je détestais la solitude dans ma chambre d’enfant, surtout quand j’étais malade. J'appelais mes parents, surtout ma mère, et j'étais heureux quand elle s'asseyait sur mon lit, me lisait un livre, me parlait, ou simplement était là avec moi.
Aujourd'hui, je suis un adulte. Les soucis de la journée ne me laissent parfois pas en paix, même après m'être couché, et donc – ce que je ne savais pas enfant – parfois je ne peux pas dormir la nuit... Je réalise que la nuit, les pensées peuvent être intrusives et différentes de celles du jour. Elles s'expriment différemment, se mêlent, exagèrent, terrifient, affligent douloureusement. Et le matin, quand on y revient, elles semblent lointaines et pâles, montrant soudainement à quel point elles étaient déraisonnables et qu'en général elles ne servent à rien.
Et puis, un soir, au début d'une nuit agitée, une idée très simple m'est venue : me permettre à nouveau ce qui m'apportait du réconfort dans mon enfance, mais cette fois-ci inviter la Vierge Marie. Après tout, nous, les carmes, voulons vraiment avoir une mère en elle. Alors maintenant, souvent, au seuil du silence de la nuit, je demande à la Vierge Marie de s'asseoir au bord de mon lit et d'être simplement là avec moi. Bien sûr, si elle souhaite faire plus, me parler ou me réconforter d'une autre manière, je l'accepte avec joie !
D'autres fois, quand je priais le célèbre chapelet pendant ma maladie, je me suis demandé avec étonnement combien de choses Marie réussit : elle est assise sur mon lit et en même temps elle est au ciel, couronnée de gloire. Donc, quand elle réussit à faire tant de choses, je lui demande aussi de s'asseoir sur le lit des personnes qui me sont chères. Elles se reposent peut-être paisiblement cette nuit-là, mais peut-être qu'elles non plus ne peuvent pas dormir – à cause de la maladie ou des soucis. Et certains d'entre eux ont en réalité eu une enfance si difficile qu'ils n'ont jamais connu de si beaux moments avec leur mère.
Et donc, la nuit est à nouveau pour les carmes un temps de grâce. Dans un sens beaucoup plus simple que ce que demande l'hymne que Georg Fridrich Händel a mis en musique dans les complies carmélitaines. Marie est tout simplement proche de nous et veille sur nous.
Il est certain que cette image peut être facilement modifiée, il est certain que nous pouvons transférer d'autres jolis moments de notre enfance à notre connexion avec la Vierge Marie. Quels moments vous viennent à l'esprit ? Je crois que si nous nous laissons inspirer par eux et invitons la Vierge Marie, nous n'avons pas à craindre le refus.
Le temps de nuit avec Marie peut aussi avoir une autre forme...
Photo P. Vojtěch Kodet.