Le 16 juillet 1870, la France déclara la guerre à la Prusse. Cependant, l'armée prussienne, plus nombreuse et mieux équipée, riposta rapidement et progressa à travers la France par le nord-est. Lorsque, en décembre, les Prussiens arrivèrent à Le Mans, Louise et Zélie furent saisis par la peur pour Pauline et Marie, qui séjournaient toujours au monastère de la Visitation. Zélie se rendit alors dans une région ravagée par la guerre pour récupérer ses filles : « On n'y voit que tristesse et pillage, cela me pèse sur le cœur. … Nous sommes vraiment malheureux comme nous ne l'avons jamais été. »
Début janvier 1871, deux ans avant la naissance de Thérèse, l'armée prussienne occupa Alençon. La ville fut d'abord bombardée, la famille Martin se réfugia dans la cave pour échapper aux obus, leur maison restait épargnée. Vingt-cinq mille soldats prussiens entrèrent dans la ville de seize mille habitants, neuf d'entre eux furent assignés aux Martin pour le logement et la nourriture. Zélie commenta : « Je ne me dérobe pas devant eux ; si ils me demandent trop, je leur dirai que ce n'est pas possible. … Tout le monde pleure sauf moi …En fait, que pouvons-nous vouloir ? Une fois cette épreuve passée, nous ramasserons les débris de ce qui restera, et nous nous organiserons pour pouvoir vivre avec ce peu. »
Le 17 janvier 1871, les journaux annonçaient l'apparition de la Vierge Marie à Pontmain (un endroit situé à moins de cent kilomètres à l'ouest d'Alençon). La Mère de Dieu se manifesta comme la Dame de l'Espérance et appela à prier pour la paix - un armistice fut signé dès le 28 janvier…
Saints Zélie et Louis, priez pour nous !
(élaboré d'après le livre de H. Mongin, Les parents de Thérèse de Lisieux ;
édité ; les citations entre guillemets sont extraites de la correspondance de Zélie)